Après avoir sillonné plusieurs villes de France dans le cadre de portes ouvertes pour l’Assocem – l’association des wedding planner que j’ai co-fondé – plusieurs fois le sujet du statut d’entreprise a été abordé.

A Nantes notamment il m’a été demandé ce que je pensais du statut d’auto-entrepreneur pour se lancer comme organisatrice de mariage.

Une fois n’est pas coutume j’avais envie de vous faire partager ma vision car j’ai moi aussi étudié ce statut lorsque je me suis lancée début 2009 puisque ce statut a été crée le 1 er Janvier 2009.

 

Ce que j’en pense de se lancer wedding planner en auto-entrepreneur ?

 

Tout d’abord rappelons  pourquoi ce statut a été créé : afin que les personnes qui avaient un complément de revenu grâce à une activité complémentaire puissent déclarer cette activité et donc payer des charges et impôts ! Mettre fin aux petits boulots non déclarés, au black toussa quoi.

Ainsi les étudiants qui donnent des cours particuliers ou font du conseil en entreprise, les retraités qui vendent ponctuellement leur expertise, ou même les personnes actives qui ont une activité « créative » en plus de leur travail salarié, peuvent ainsi déclarer officiellement cette activité complémentaire. J’ai même souvenir avoir vu à l’époque un reportage à la TV d’une salariée qui était créatrice de bijoux pendant son temps libre, et qui était ravie de ce nouveau statut.

C’est donc un super statut pour un complément de revenu ou une activité à temps partiel car l’avantage c’est qu’il est facile de se déclarer auto-entrepreneur, il y a très peu de formalités et d’obligations comptables. Egalement les taux d’imposition sont « faibles » (je parlerais de ce point plus loin, vous comprendrez les guillemets)

Oui mais …. quand on pratique une activité à temps plein ?

Haaaa, c’est là que j’apporte ma nuance.

Quand on se lance en tant que chef d’entreprise, on se lance dans une grande aventure : devenir son propre patron. Il faut prendre des décisions, on n’est jamais sûr que notre projet soit rentable ou viable (même si le business plan qu’on a mis des mois à plancher nous prouve le contraire et que l’on a confiance en ce projet), on a peur des charges qui vont tomber (charges sociales, impôts…)….alors on se dit « je vais opter pour l’auto-entreprise pour « tester » mon activité…et si l’entreprise évolue, je ferais alors évoluer le statut. »

Mouai…

J’irai même à dire que certaines administrations poussent les chômeurs ayant un projet de création d’entreprise à opter pour l’auto-entreprise : « vous verrez il n’y a pas de formalité de création, c’est facile, vous ne payez pas de charge si vous ne faites pas de chiffres d’affaires et vous ne prenez donc que peu de risque ! »

L’intérêt qu’elles y voient surtout c’est de faire baisser leurs statistiques de nombre de chômeur ! Je n’appelle pas ça être d’une grande aide.

Alors poussons la réflexion plus loin.

Je ne fais pas de chiffre d’affaires alors je ne paye pas de charges ! Est-ce que le but d’une entreprise est de ne pas faire de CA ?!? Au lancement d’une entreprise les premiers mois, cela me semble normal! Mais après ?!

Saviez-vous que moi en tant que gérante de SARL, si je ne me verse pas de salaire, je ne paye pas non plus de charges sociales? enfin si juste les cotisations sociales minimum obligatoires que je serais d’ailleurs bien contente de payer pour bénéficier en retour d’une couverture sociale et retraite (et oui il faut y penser aussi à sa retraite mais si c’est dans trèèèèsss longtemps 🙂  ).

D’ailleurs en tant qu’AE, pour valider 4 trimestres de retraite il faut réaliser un CA annuel compris entre 8.737€ et 19.883€ selon l’activité (source le portail officiel des Autos-Entrepreneurs).

Savez-vous aussi que si mon entreprise ne fait pas de CA, elle ne paiera donc pas d’impôt sur les sociétés !

Mieux ! (enfin façon de parler) Si ma société réalise un déficit (parce que le résultat d’une société se calcule par la différence entre le CA et les charges), celui-ci sera reporté sur les années suivantes. Cela veut dire que si l’année suivante mon entreprise réalise un bénéfice, l’impôt sur les sociétés (normalement de 15% pour les TPE)  sera calculé après déduction du déficit de l’année précédente.

 

Pour une auto-entreprise, les charges sociales se calculent sur la base du CA, je l’ai dis plus haut, pas de CA = pas de charges ni impôts. Mais, si l’auto-entreprise réalise 10.000€ de CA, ce n’est pas 10.000€ de revenus dans la poche de l’auto-entrepreneur, car ces 10.000€ vont couvrir certaines charges fixes (assurance, publicité…) et ensuite potentiellement le revenu de l’auto-entrepreneur.

Côté fiscalité, la base d’imposition de l’impôt (sur le revenu cette fois) se calcule sur le CA auquel on retire entre 30 et 71% d’abattement forfaitaire au titre de frais professionnels.

Alors oui les taux d’imposition sont beaucoup plus bas et heureusement car la base est donc plus élevée que les assiettes d’une société ou d’une entreprise individuelle au régime du réel.

 

Il ne faut pas se fier aux taux et se précipiter sans réfléchir vers un statut pas si avantageux que ça, mais bien étudier les choses.

 

Vous l’aurez deviné, j’adore les chiffres et je pourrais en parler pendant des heures !

 

Au delà des chiffres…

 

Le terme « auto-entreprise » sous-entend souvent « pas de prise de risque ». Lorsque l’on devient chef d’entreprise on vient de prendre un risque : on n’est pas ou plus dans le nid douillet d’une place de salarié !

Est-ce donc bien compatible ?

Quelle image je renvoi à mes clients ou mes partenaires ? Serais-je pris(e) au sérieux?

 

Alors quel statut lorsqu’on démarre une activité de wedding planner ?

Vous l’aurez compris, je ne trouve pas ce statut idéal lorsque l’on crée son agence de wedding planner, même pour « tester » son projet, car si il faut se replonger dans l’administratif 2 ou 3 ans après son lancement pour cause de dépassement de seuils, c’est se replonger dans une « deuxième » création et ce n’est pas évident à caler quand on est en plein rush. Mais cela ne reste que mon avis 🙂

Parmi les statuts vous avez encore largement le choix entre un statut sociétaire (SARL, SAS, SASU) ou un statut individuel en créant une entreprise individuelle (certes l’AE est un sous statut de l’EI)

Alors bien évidemment il n’y a pas de bon ou mauvais statut, il faut avant tout étudier son propre profil (ai-je un patrimoine à protéger, revenus du foyer…) et son projet (quelle ampleur ai-je envie de donner à mon projet).

Je serais ravie de vous apporter ma vision sur votre projet et d’étudier avec vous quel statut serait le plus adapté à votre situation au cours d’un coaching personnalisé.

 

Et vous pour quel statut avez-vous opté pour votre agence de wedding planner ?